Votre site en .ca, vos courriels en .com : vérifiez les deux domaines

Les serveurs de messagerie jugent le domaine de votre adresse courriel, pas celui de votre site. Pourquoi on protège souvent le mauvais, et comment corriger.

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La semaine dernière, une agence de marketing au Québec a répondu à l’un de nos messages en une ligne : « Nos courriels marchent avec le .com, pas le .ca. »

Elle avait raison, et l’erreur était la nôtre. Nous avions vérifié les enregistrements du domaine de son site web, un .ca, et signalé qu’il y manquait un enregistrement DMARC. Or ses courriels partent d’un .com. Nous avons refait la vérification, sur le bon domaine cette fois. Le .com n’avait pas de DMARC non plus, le conseil tenait donc toujours, mais la leçon valait plus que le constat : beaucoup d’entreprises possèdent deux domaines, et il est facile de protéger le mauvais.

Pourquoi c’est le domaine de vos courriels qui compte

Quand vous envoyez un courriel, le serveur qui le reçoit (Gmail, Outlook, le serveur d’un client) regarde le domaine de votre adresse d’expéditeur : vous@votreentreprise.com. Il pose trois questions à ce domaine :

  • SPF : le serveur qui a envoyé ce message a-t-il le droit d’envoyer pour ce domaine ?
  • DKIM : le message est-il signé avec une clé publiée par ce domaine ?
  • DMARC : si un message échoue, que veut le propriétaire du domaine, et les domaines SPF ou DKIM correspondent-ils à l’adresse d’expéditeur ?

Le domaine de votre site ne joue aucun rôle ici. Une configuration parfaite sur votreentreprise.ca ne fait rien pour les courriels envoyés depuis votreentreprise.com.

Comment une entreprise se retrouve avec deux domaines

Pour des raisons très ordinaires :

  • L’entreprise a commencé avec un .com, puis a ajouté un .ca (ou un .fr) pour son marché, et le site y a déménagé.
  • La messagerie a été configurée il y a des années par quelqu’un d’autre, sur le domaine qui existait alors.
  • Un changement de nom a créé un nouveau domaine pour le site, sans que personne ne veuille changer les adresses de toute l’équipe.

Rien de tout cela n’est un problème en soi. Ça le devient quand chaque domaine est configuré comme s’il était le seul.

Vérifiez chaque domaine que vous possédez

Faites la liste de tous les domaines de l’entreprise, puis classez-les en deux groupes.

Les domaines depuis lesquels vous envoyez des courriels

Pour chacun, il faut :

Enregistrement Ce qu’il doit faire
SPF Lister chaque service qui envoie pour vous : votre messagerie, votre outil d’infolettre, votre logiciel de facturation
DKIM Être activé dans chacun de ces services, qui publient une clé sur votre domaine
DMARC Exister, commencer par une politique de surveillance (p=none) avec une adresse de rapports, puis passer à quarantine quand les rapports sont propres

Les domaines depuis lesquels vous n’envoyez rien

Ils doivent aussi être protégés, car n’importe qui peut mettre n’importe quel domaine dans une adresse d’expéditeur. Un domaine sans enregistrement est facile à usurper. Trois enregistrements courts le verrouillent :

  • Un SPF qui n’autorise personne : v=spf1 -all
  • Un DMARC qui rejette tout : v=DMARC1; p=reject;
  • Au besoin, un enregistrement « null MX » (0 .) qui indique que le domaine ne reçoit aucun courriel

Quoi faire maintenant

  1. Regardez l’adresse courriel que vous utilisez vraiment, et notez son domaine.
  2. Vérifiez ce domaine, puis celui de votre site s’il est différent.
  3. Corrigez d’abord le domaine d’envoi. Puis verrouillez ceux qui n’envoient rien.

La vérification prend quelques minutes, et la correction en général moins d’une heure une fois que vous avez accès à vos DNS.

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